L'Etre: revue d'art et de lettres modernes
Accueil > Libres paroles > Libres paroles
A propos de deux alexandrins soi-disant retrouvés d'Arthur Rimbaud
par 
 
1 page | 655 lecteurs
Temps de lecture
Temps de lecture: 1-5 minutes
  |   Diminuer la taille des caractères Augmenter la taille des caractères      |   | 
Plus d'informations sur A propos de deux alexandrins soi-disant retrouvés d’Arthur Rimbaud 
A propos de deux alexandrins soi-disant retrouvés d'Arthur Rimbaud par
Lu sur le blog Bibliobs.com :
Après la découverte d’un inédit de Rimbaud l’an dernier, voilà que Circeto, rimbaldophile passionné qui avait alors analysé ce « Rêve de Bismarck » sur BibliObs, exhume aujourd’hui deux alexandrins oubliés du poète.

Premier vers : qu’ânonnait le rhapsode aux mièvres oblats ;
Deuxième vers : l’éternel craquement des sabots dans les cours.

Le premier alexandrin aurait été retrouvé dans la poche d’un des vestons du poète.
Le deuxième aurait été cité dans un article d’Octave Mirbeau paru dans le journal Le Gaulois.

Il suffit de savoir lire pour voir qu’il s’agit là encore d’un de ces grossiers bidonnages concoctés par des farceurs dans le but de rire aux dépens de naïfs bluffés par la référence au grand poète.
L’ombre d’Izarra, mystificateur littéraire bien connu des blogueurs, apparaît d’ailleurs dans le baratin accompagnant cette "découverte".

Ce que n’ont pas compris ces piètres faussaires, c’est qu’il nous importe peu que ces vers soient ou non de Rimbaud : ils sont mauvais ! La meilleure preuve : à leur lecture, aucun frisson nabokovien ne parcourt l’échine de l’amateur de poésie. L’un n’arrive décidément pas à nous émouvoir avec le bruit que pourraient faire des sabots qui craquent. L’autre n’est qu’un étalage de mots à connotation "décadente" qu’un novice a essayé d’arranger en comptant les syllabes sur ses gros doigts.

Si ce dernier alexandrin se trouvait dans le veston de Rimbaud, c’est sûrement qu’un Paterne Berrichon l’y avait glissé.

Vraiment, on se demande pourquoi Rimbaud aurait gardé au fond de ses poches une telle composition, lui qui semait aux quatre vents ses merveilleux diamants poétiques (jeune Oise... Oisive jeunesse...), au point d’être obligé de les citer de mémoire quand il écrivait Une saison en enfer !


© Jean Plasmans. 2009

 
Réelle Fiction
Retrouvez les textes de
Jean Plasmans
dans la revue
Réelle Fiction
L'Etre | Début de page