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Agences de rencontres
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Jean-Paul arriva au numéro 90 du boulevard Saint-Germain dans le septième arrondissement à Paris. Il se trouvait devant un bel immeuble. Il ouvrit son portefeuille et sortit le code, c'était 9090 BVDL. « Ce n'est pas compliqué à retenir, pensa-t-il. Tiens, Martin a choisi d'habiter en rez-de-chaussée, d'après ce qu'il m'a raconté, d'habitude il préfère loger en hauteur, c'est qu'il a dû le payer une bouchée de pain. Il faut dire qu'il a toujours été très malin ». Il se souvint que déjà au collège Martin était le meilleur, d'ailleurs leur amitié avait commencée à cette époque. Il composa le code et poussa la grande porte, il entra dans le hall puis il chercha sur les boites à lettres le nom de son ami pour trouver l'appartement. C'était à droite au fond de la cour.

Il entra dans l'appartement et fût impressionné. Rien que l'entrée semblait être une pièce, tant elle était grande. Il alla dans le salon et put constater que tout était décoré luxueusement. « C'est beau tout ça, s'exclama-t-il. Bien, voyons maintenant où se trouve la chambre d'amis ». Il marcha dans un couloir et vit une étiquette collée à une porte où on pouvait lire : « Ceci est ta chambre, Jean-Paul. PS : Ne casse rien, bon séjour. À bientôt. » « Qu'il est drôle ! Martin a toujours aimé plaisanter. Bien sûr, je ne vais rien casser » se dit il en riant intérieurement.

Il pénétra dans la chambre. Elle était magnifique, digne d'une suite d'hôtel de luxe. Il y avait un grand lit assorti au placard, à la commode, à la table de nuit et au bureau. Elle donnait sur un jardin privatif calme où se trouvaient de grands arbres ainsi qu'une table et trois chaises confortables, et pour se protéger du soleil un grand parasol. Il était évident qu'on pouvait y bronzer en été.

Jean-Paul prit ses valises et les ouvrit, il rangea ses costumes dans la penderie et accrocha délicatement ses chemises de grande marque, ensuite il posa son ordinateur sur le bureau.

« Allez, je vais préparer un bon café avant de commencer les recherches. » Il alla dans cuisine. Évidemment elle était spacieuse et très bien équipée. « Elle est vraiment pratique cette cuisine, ça me donne envie d'y mijoter de bons petits plats », songea Jean-Paul. Il ouvrit les placards et chercha les filtres et le café. Il n'eut aucune difficulté à les trouver car tout était bien rangé. Il mit la cafetière en marche et retourna dans la chambre pour installer son ordinateur. « Bon, je le laisse chercher la connexion » se dit-il, quand tout à coup le téléphone retentit dans le salon. Il s'y précipita, prit le combiné et répondit joyeusement :

–Ah c'est toi, Martin, comment vas-tu ? Je te remercie encore pour ton appartement, et je rajouterai félicitations : il est génial.

–Alors Jean-Paul, il te plaît ? Tu sais quoi ? Devine combien je l'ai payé ?

–Eh bien, je dirais que tu l'as payé une bouchée de pain répondit Jean-Paul en riant, je te connais bien.

–Tu sais, à la base c'était deux petits logements que j'ai transformés en un grand appartement. Le plus cher c'étaient les travaux d'architecte et le décorateur. Mais tu vois, c'est un bon résultat n'est-ce pas ?

–Il est juste super. Dis-moi, tu penses qu'on pourra se voir où vas-tu rester longtemps à New York ?

–Pour l'instant,  j'ai encore plein de choses à apprendre sur les nouveautés de la chirurgie esthétique, tu ne peux pas imaginer les avancées qu'il y a ici. Mais j'espère vraiment qu'on se reverra pour que tu me racontes les changements dans ta vie. Ha ha ha.

– Bien, tu sais que je cherche toujours la femme de ma vie.

_ Par contre, moi je l'ai trouvée, c'est une Américaine qui exerce le même métier que moi. La question est : où va-t-on vivre ? À New York ou à Paris ?

– Moi, je te proposerais : à New York et à Paris.

– Je vais te dire Jean-Paul, que c'est une excellente idée ! Je vais devoir te laisser mais n'oublie pas je n'ai que cet appartement alors s'il te plaît, prends en soin, et merci.

– Ne t'inquiète pas Martin, je te promets de bien m'en occuper et encore merci pour ta confiance.

Il raccrocha et alla dans la cuisine chercher sa tasse de café. Quelques minutes plus tard il le dégustait assis confortablement dans le canapé. Il alluma la télévision et se mit à regarder NCIS. « Tiens, se dit -il, ils rediffusent encore cette série. Ce n'est pas grave, c'est juste pour avoir une compagnie dans le salon pour ne plus sentir la solitude. » Tout à coup il se rendit compte qu'il était plus de 21 heures : « Mais je dois penser à mon dîner ! » s'exclama-t-il. Et il retourna dans la chambre et tapa « restaurant chinois dans le septième arrondissement Paris » sur son ordinateur. « Eh bien, voilà il me semble bien celui-là », il prit son portable et composait le numéro :

.–Oui, bonsoir, vous livrez à domicile ?

–Bien sûr, Monsieur lui répondit-on, vous désirez ?

–Eh bien, un poisson aigre-douce, un riz cantonnais une Tsing Tao, et un gâteau surprise.

–C'est tout Monsieur ?

–Oui, c'est au 90, boulevard Saint-Germain au rez-de-chaussée porte du fond.

–Bien Monsieur, dans vingt minutes. Ça fera 21,90 €, bon appétit.

–Merci encore.

Il raccrocha le téléphone, prépara l'argent et s'assoupit dans un bon fauteuil en attendant son dîner. Comme il était endormi, Jean-Paul n'entendit pas la sonnette. Tout à coup il ouvrit les yeux, « Mais c'est qui ? C'est mon dîner, j'avais oublié » se dit-il. Il ouvrit la porte.

.–Bonsoir Monsieur, lui dit le livreur, voila votre dîner. Il est tout chaud.

–Merci Monsieur, je règle l'addition.

_ Merci c'est le compte. Bon appétit, au revoir.

– À bientôt au revoir Monsieur, dit-il en refermant la porte.

Ça sent rudement bon, je vais me régaler pensa-t-il. Puis il ouvrit délicatement le sac. « Je vais manger directement dans la barquette cela m'évitera la vaisselle. » Il déposa le plat sur la table, prit une fourchette et commença sa dégustation. « Il n'y a pas à dire la cuisine chinoise c'est la meilleure » pensa-t-il. Ayant terminé son dîner il s'assit dans un fauteuil confortable tout en sirotant sa boisson. Il constata que le fauteuil était vraiment bien, car son dos était bien calé. « Voyons, un peu de repos tout d'abord, ensuite j'aviserai du plan à suivre, il s'agit de ne commettre aucune erreur » songea-t-il en se frottant les yeux.

Bien plus tard dans la soirée, il se connecta à son ordinateur et croisa les doigts. « Ce n'est pas compliqué, je vais m'inscrire dans toutes ces agences de rencontres en ligne. Je trouverai bien quelques perles rares ». Alors il commença par « Meetic », enchaîna par « E-Darling » et « Elite Rencontres » pour terminer par « Attractive Worlds ». « C'est quand même long, mais c'est la meilleure solution. Je dois m'adapter à la modernité, en plus je n'aurai que l'embarras du choix », songea-t-il. « Voilà, c'est parti sous le pseudo JP_1997, né le 10 février 1964, divorcé, des enfants, des yeux marrons, cheveux grisonnants, d'allure sportive, chirurgien, aime le cinéma, la littérature et les expositions culturelles. Accepte les femmes avec des enfants (Jean-Paul pensait que ces femmes-là avaient du vécu, et il faut avouer qu'il aimait vraiment les enfants). Mais toutes ces inscriptions devenaient à la longue un travail à plein temps. En se frottant les sourcils il se leva et marmonna : « Ça y est, je les ai remplis, ces inscriptions, je commencerai à répondre dès demain matin, et puis on verra bien. » Il était épuisé, il prit une douche, enfila son pyjama et se mit aussitôt au lit.

La nuit fut agréable, et à sept heures le réveil sonna. Jean-Paul était de très bonne humeur, il se sentait reposé et sortant du lit il se mit à se frotter les mains et s'écria : « J'espère que la journée sera fructueuse. » Il se dirigea vers la douche s'arrangea soigneusement la coiffure et tout le reste, ensuite il s'habilla en Yves Saint-Laurent, la chemise, le costume et même les chaussettes. « Là je suis parfait » se dit-il en s'admirant dans le miroir. D'autres penseraient qu'il était narcissique, mais non, il savait qu'il était beau et qu'il plaisait aux femmes. « Voyons, un bon café pour démarrer cette journée. » Après l'avoir préparé il s'assit dans son fauteuil fétiche et commença à le boire tout en regardant la chaîne consacrée au sport à la télévision. Puis il se leva, ouvrit les fenêtres et commença quelques mouvements de gymnastique tout en respirant l'air estival. En effet, c'était une belle journée du mois de juillet.

Après ce moment de détente sportive il décida que le moment était venu de continuer ses recherches, de voir combien avaient répondu à son annonce. Il s'assit à son bureau et se connecta. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que plusieurs candidates espéraient le rencontrer. « Mais il m'est impossible toutes les voir. Je vais devoir sélectionner », admit-il. « Donc je vais devoir choisir judicieusement, on a : Isabelle de Paris 40 ans, divorcée, deux enfants, chef d'entreprise spécialisée dans l'importation de vêtements de Chine, Anne-Sophie, 40 ans, divorcée, deux enfants, avocate, Véronique, ingénieur en informatique, un enfant, et Amanda, sans enfant, patronne de plusieurs salons de coiffure. Eh bien, commençons par celles-là, je vais quand même demander leur photo, en même temps je vais télécharger la mienne et la leur envoyer », conclut-t-il. « Désirez-vous écrire un message ? » pouvait-il lire sur les sites. Bien sûr, et il rédigea : « Chère Isabelle, je serais heureux de vous rencontrer, choisissez la soirée que vous voulez. Je vous contacterai. » Puis il fit pareil pour Anne-Sophie, Amanda et Véronique, il changeait juste les prénoms et il cliquait sur le bouton « Envoyer ». Il put lire : « Votre message a bien été envoyé. »

Jean-Paul se leva et s'étira. Il devait penser à acheter ses courses pour pouvoir manger.  Il mit sa veste et sortit pour découvrir les magasins dans sa rue. Il était dix heures du matin, le Monoprix était pratiquement vide. « Un magasin que pour moi », pensa-t-il. À part quelques personnes âgées il semblait être tout seul dans les rangées alimentaires. Il remplit son chariot de légumes surgelés, de barquettes de dinde et d'agneau ainsi que des boissons. Il arriva pour payer et comme toujours la caissière lui sourit en lui disant : « Bonjour Monsieur. » « Voilà mon éternel problème, la gente féminine me regarde comme si j'étais James Bond. Au fond ça fait toujours plaisir mais je ne peux pas me décupler » regrettait-il. Et malgré tout cela il était bien seul, il devait rompre cette solitude ou il allait devenir un ermite. Il se rendit compte que la caissière souriait de plus belle car elle avait cru qu'il s'intéressait à elle, mais elle n'était pas son genre. Il visait les femmes aisées qui devaient en plus avoir un très beau physique.

Arrivé dans l'appartement il commença par ranger ses courses puis il se prépara un café pour se détendre. Il s'installa confortablement et but tranquillement sa boisson tout en songeant à son avenir. « Je n'ai que dix mille euros d'économies, je ne vais pas aller bien loin. » se dit-il inquiet. « Mais je sens que je vais me renflouer », espérait-il. En effet, Jean-Paul était un éternel optimiste. Il avait toujours cru à sa bonne étoile. Il cuisina  une escalope de dinde et l agrémenta avec des haricots verts, puis il sortit une boisson du réfrigérateur et posa le tout sur la table. Se frottant les mains il s'exclama : « Je vais me régaler ».

Après avoir bien déjeuné il se lança dans la lecture de ses mails. Est-ce que les femmes qu'il avait choisies lui avaient répondu ? Il se posa la question, et se rassura en estimant qu'en absence de réponses il en choisirait d'autres. Mais une bonne surprise l'attendait car les élues de son cœur lui avaient toutes répondu. « Tiens, tiens, tiens, on va commencer dans l'ordre. » Donc Isabelle avait écrit : « Cher Jean-Paul, je serais ravie de vous rencontrer cette semaine, le jour qui vous conviendra. Alors à bientôt. Je vous ai envoyé ma photo, j'espère ne pas vous décevoir. J'ai reçu la vôtre, vous avez l'air tout à fait charmant. Cordialement, Isabelle. »

« Bien, j'ai eu raison de la choisir, on était fait l'un pour l'autre s'exclama-t-il. Voyons la suite maintenant, que m'a écrit la suivante ? »

C'était Amanda. « Cher Jean Paul, je vous écris pour vous rencontrer ce week-end, bien sûr si vous êtes libre. J'espère que c'est vraiment vous sur la photo, je vous ai envoyé la mienne, en souhaitant que je sois à votre goût. Cordialement, Amanda. »

Il s'empressa de regarder son visage, il l'a trouva très jolie. Tout cela commençait bien pour Jean Paul, il n'en espérait pas tant. De plus, Véronique lui avait envoyé un message qui disait : « Cher Jean-Paul ce week-end je suis à Paris puisqu'en tant qu'ingénieur informatique je me déplace un peu partout donc si vous le pouvez, contactez-moi. Cordialement, Véronique. PS : Je vous ai envoyé ma photo. À bientôt.

Jean-Paul était tout content de lui, il répondit à toutes la même chose : « C'est avec plaisir que je vous rencontrerai. Cordialement Jean-Paul. »

Maintenant qu'il avait prit contact avec elles, il devait planifier ses rendez-vous, c'était ce qu'il y avait de plus compliqué. Il commença à rédiger le planning : Isabelle le jeudi 20 juillet à 20 heures au restaurant le Rocher de Cancale dans le deuxième arrondissement, le vendredi 21 juillet ça serait Amanda au Café de La Paix, place de l'Opéra, le samedi 22 juillet à 20 heures rencontre avec Véronique au Petit Cluny, boulevard Saint-Michel. Une fois les endroits choisis, Jean-Paul vit qu'il y avait un beau soleil, alors il se dit : « Je vais aller au Jardin du Luxembourg pour bronzer. » La balade fut agréable, et voyant un banc libre il s'assit et se mit à regarder les jeunes femmes qui passaient. Il alla ensuite s'asseoir à une terrasse de café et bût un Coca-Cola, ce fut un après-midi de détente.

« Je suis bien requinqué grâce à cette bonne journée, je vais prendre un café pour me réveiller, car je dois lire mes mails et je dois avoir les idées claires », se dit-il. Il mit la cafetière en marche et ouvrit son portable, « Voyons voir s'il y a du nouveau » s'interrogea-t-il. « Oh, la la , tant de nouvelles femmes qui veulent me rencontrer, je sens que je ne serai plus seul d'ici quelques jours », se réjouit-il. L'une de celles qu'il avait choisies venait de lui répondre, c'était Anne-Sophie : « Cher Jean-Paul, je serais ravie de vous rencontrer cette semaine. Bien à vous. Anne-Sophie. » « Eh bien, en voilà une belle surprise. Récapitulons, je vais lui donner rendez-vous dimanche à 20 heures au restaurant Drôle D'endroit Pour Une Rencontre, il porte bien son nom », se dit-il en riant.

Jean-Paul se réveilla de bonne humeur le jeudi matin car il allait voir Isabelle et commençait déjà à trépigner d'impatience. « On est fait pour s'entendre », car il l'a trouvé vraiment belle, c'était une brune aux yeux bleus profonds. Elle ressemblait à un mannequin, elle mesurait un mètre soixante-douze. Ainsi Jean-Paul s'occupa toute la matinée puis il déjeuna au café du coin. Il prit le menu du midi car il devait penser à économiser. Il mangea une sole meunière avec des pommes de terre à la vapeur, il s'était assis à la terrasse et profitait de l'occasion pour observer et juger les passants sur la tenue vestimentaire. Bien sûr, il se trouvait plus élégant que les hommes qu'il voyait.

A 19 heures il prit le bus qui le conduisit place de l'Hôtel de ville et marcha jusqu'au restaurant dans le deuxième arrondissement. Comme il faisait encore jour il choisit une table dans un coin de la terrasse, et fidèle à ses habitudes il était arrivé en avance. Quelques minutes plus tard le serveur lui demanda :

– Vous désirez, Monsieur ?

– Un cocktail maison et des antipasti.

– Bien Monsieur.

Il se mit à regarder les gens autour de lui et remarqua qu'ils avaient tous l'air heureux. « C'est sûrement l'été qui les rend ainsi », conclua-t-il.`Tout à coup, il aperçut une silhouette qui s'avança vers lui.

– Vous êtes Jean-Paul ?

– Et vous Isabelle, je présume. Il se leva pour lui serrer la main.

– Oui, enchantée dit-elle.

– Moi de même, répondit-il en souriant. Il jugea que la photo ne mentait pas car elle était vraiment radieuse.

– Je vous en prie, asseyez-vous lui dit-il.

– Vous avez déjà commandé ?

– Non, ce n'est rien, c'était en vous attendant. Je vais appeler le serveur. Celui-ci arriva aussitôt.

– Vous désirez?

– Pour Madame, pardon, je vous laisse choisir.

– Merci, pour moi ça sera une salade du chef et un verre de vin s'il vous plaît.

– La même chose pour moi.

– Tout de suite, dit le serveur, et bon appétit messieurs dames.

Maintenant qu'il était seuls une certaine gêne s'installa entre eux. Jusqu'au moment où elle prit la parole :

– Ainsi vous êtes chirurgien ?

– Oui, chirurgien esthétique pour être précis, j'ai rendu belles de nombreuses femmes, répondit-il en riant, et vous ?

– Moi, je suis chef d'entreprise, j'achète chez les grossistes sur internet, spécialement en Chine et je revends à des particuliers, ou à des boutiques bien sûr. J'ai toute une équipe qui m'aide. J'adore mon métier ajouta-t-elle.

– Ah oui et ça marche bien les affaires ?

– Je ne vais pas me plaindre répondit-elle en souriant.

Après que le serveur eût apporté les plats ils commencèrent à manger tout en se dévisageant. Il avait l'air de lui plaire. Quant à lui, il la trouvait magnifique.

Tout à coup, elle lui demanda :

– On ne vous a jamais dit que vous ressemblez à Sean Connery ?

– Oui bien sûr, tout le monde me demande si on est de la même famille, vous savez, c'est un compliment, répondit-il avec un sourire.

Puis elle lui fit la remarque qu'ils étaient habillés tous les deux de la même couleur, en effet ils portaient du gris clair.

– C'est une grande marque votre costume, ajouta-t-elle.

– Ah, vous avez deviné, je confirme c'est un Yves Saint-Laurent.

– C'est un modèle vraiment chic, avoua-t-elle.

Il la remercia du compliment et à son tour ajouta :

– Ce que vous portez est aussi très raffiné. Elle apprécia la politesse. Puis Jean-Paul lui donna son numéro de portable et elle fit de même. Après avoir payé, il lui proposa de prendre un taxi pour la déposer chez elle.

– J'habite dans le huitième arrondissement, lui dit-elle.

– Eh bien, on est voisin, moi dans le septième.

Ils trouvèrent un taxi à côté des Halles, ils montèrent dedans et elle en profita pour lui remettre sa carte de visite. Quand ils arrivèrent au sept rue Wagner, ils sortirent du taxi qu'il paya.

– Merci pour cette belle soirée, Isabelle.

– Merci à vous en effet ce fut très agréable.

Il lui demanda si elle pouvait lui réserver la soirée du jeudi prochain. Elle regarda son agenda et lui affirma que c'était d'accord, elle était libre. Pour se dire au revoir il esquissa un bisou qu'elle ne refusa pas. Enfin il l'accompagna jusqu'au hall de l'immeuble. Ils se promirent de se revoir. Il arriva chez lui tard dans la nuit et se dit : « Si elles sont toutes comme Isabelle j'aurais du mérite si je choisis la bonne. » Dès qu'il s'allongea dans son lit il s'endormit profondément.

Le vendredi matin s'annonçait comme journée ensoleillée. Dès son réveil Jean-Paul commençait déjà à penser à son rendez-vous du soir. Il pensa qu'il devait remettre son costume gris clair car il estimait qu'il lui avait porté chance. Il passa la journée tranquillement devant la télévision puis à 19 heures il sortit pour se rendre à son rendez-vous. Il remarqua le regard des femmes sur lui quand il marchait dans la rue.

–Je les attire comme un aimant estima-t-il. En effet ces réactions féminines l'amusaient toujours autant.

Il s'assit à la terrasse du café puis regarda sa montre, il était presque vingt heures, Amanda devrait arriver. Quand tout à coup il remarqua une femme gracieuse avec une allure sexy et glamour qui portait une robe noire moulante avec un décolleté ravageur et de hautes sandales à talons aiguilles. On pouvait aussi distinguer des perles qui entouraient ses chevilles. Tous les hommes la regardaient avec des envies non dissimulées. Jean-Paul se dit que ça ne pouvait pas être Amanda, sur la photo elle était rousse alors que celle-là était blonde. Mais un « Bonjour Jean-Paul » le fit sursauter.

–Oui, mais heu, balbutia-t-il, Amanda ?

–C'est moi, en voilà une surprise n'est-ce pas ? Je voulais changer de couleur de cheveux. C'est réussi ? Dites-moi ?

–Indéniablement vous êtes parfaite, ça vous va très bien, mais asseyez-vous je vous en prie.

-Merci beaucoup, lui dit-elle.

Il voyait qu'elle le dévisageait. Aussi s'empressa-t-il de lui demander : « Je sais, je vous rappelle quelqu'un n'est-ce pas ? »

–Attendez oui, Sean Connery .

–Bingo, lui lança-t-il. Tout le monde me le dit. Vous voulez qu'on dîne ici ou préférez-vous un autre restaurant ?

– Non c'est très bien ici, répondit-elle.

Il appela le serveur alors pour lui demander la carte. Il s'empressa de regarder s'il y avait du poisson, c'était son péché mignon. Une dorade sauce piquante avec du riz c'est parfait, tout va pour le mieux : une belle femme assise en face de moi, mon plat préféré, c'est Byzance songea-t-il. Elle commanda la salade du chef.

–Et comme boisson ? demanda le serveur.

–Une bouteille de Bordeaux et de l 'eau minérale Évian.

–Tout de suite, monsieur dame.

–Alors vous êtes chirurgien ?

–Oui, spécialisé dans l'esthétique.

– Il y a-t-il des choses que je doive changer ?

–Non tout est beau chez vous, le nez, les yeux, la bouche, surtout ne changez rien, vous êtes très belle.

– Merci beaucoup, surtout venant d'un spécialiste.

Puis ils dînèrent au calme en se regardant de temps en temps tout en esquissant des sourires. Jean-Paul paya l'addition et proposa Amanda de prendre un café chez lui. Il lui avoua habiter chez un ami. Mais elle répondit qu'il était déjà tard.

–Bien, ce n'est que partie remise, on dit la semaine prochaine si vous êtes libre bien sûr.

–Voyons, je regarde mon agenda électronique, eh bien, c'est d'accord.

Puis elle nota l'adresse et le code de l'immeuble de Jean-Paul. Il avait appris qu'elle était célibataire sans enfant, mais qu'elle vivait encore chez ses parents car elle économisait pour acheter son propre appartement. Sinon la mode et la beauté étaient importantes pour elle, puisqu'elle était patronne de plusieurs salons de coiffure, elle commençait même à être reconnue en tant que telle. Alors ils prirent un taxi ensemble, ils arrivèrent dans le troisième arrondissement où elle habitait. Ils en descendirent, Jean-Paul demanda au chauffeur de l'attendre.

–Alors, à vendredi prochain, Amanda ?

–Bien sûr à 20 heures chez vous, c'est ça ?

–C'est bien ça.

Puis, il l'embrassa délicatement sur les joues. Elle ne le repoussa pas, et ses longs cheveux blonds lui effleurèrent les épaules. Elle sentait bon et à son contact Jean-Paul s'était senti irrésistiblement attiré par elle. On pouvait constater qu'elle avait un sex-appeal indéniable. Et combien d'autres hommes avaient été envoûtés par elle ? Mais Jean-Paul, qui se savait irrésistible, ne se posa pas la question. Peut-être aurait-il dû.

Il remonta dans le taxi, sortit sa main de la vitre et lui fit le geste de lui envoyer un baiser. Elle le prit au vol avec la main et lui sourit malicieusement.

Jean-Paul était perturbé, il sentait qu'il l'avait déjà dans la peau, en effet il n'y avait pas eu beaucoup de femmes qui l'avaient autant subjugué. Il était certain qu'Amanda sortait du lot . Était-ce le début d'une passion qui naissait entre eux ? En ce qui concerne Jean-Paul, la réponse était oui, quant à Amanda l'avenir nous le dira.

Dès qu'il arriva chez lui Jean-Paul se dépêcha de se mettre au lit pour rêver à sa belle. Dès son réveil il commença à se demander comment serait la troisième. Pour cela il devait patienter toute la journée. Comme chaque jour il commença par prendre une douche, puis s'installa à son bureau, se connecta à son ordinateur et alla ensuite dans la cuisine pour préparer son petit déjeuner.

Après avoir bien mangé et bien bu il envoya des mails à Isabelle et à Amanda pour leur dire bonjour. Il devenait impatient, toutes ces rencontres féminines commencées le mettaient dans un état nerveux. « Espérons qu'elle sera calme et douce pour que je sois mieux », songea-t-il. Jean-Paul s'occupa comme il pouvait, il en arriva même à nettoyer l'appartement pour que la journée passe le plus vite possible.

Enfin il était 19 heures. Il se rendit à pied jusqu'au café le Petit Cluny, il s'installa dans un coin tranquille et commanda un cocktail. Il regarda toutes les femmes qui passaient près de lui en cherchant le visage de Véronique. L'ambiance était bruyante mais gaie, il leva les yeux de son verre et vit qu'une une jolie femme lui souriait.

–Vous êtes Jean-Paul ?

–Et vous, Véronique ?

–Oui, enchanté de vous rencontrer.

–Mais de même, je vous en prie asseyez-vous.

Ils s'observèrent, elle avait l'air ravie de le voir. Lui semblait être comblé par sa présence. Et ils commandèrent du poulet rôti avec des frites et une bonne bouteille de vin. Puis ils apprirent à se connaître. Il sût ainsi qu'elle était avocate et mère d'un petit garçon, Billy. Quant à elle, elle apprécia qui il fût chirurgien. Elle avait une allure élégante due à sa grande taille et elle était habillée d'une manière assez stricte mais chic. Après avoir payé Jean-Paul proposa une balade sur les quais de la Seine, elle acquiesça de suite. Ils virent passer les bateaux-mouches sur le fleuve, cette nuit avait une ambiance romantique.

Comme il se faisait tard Jean-Paul héla un taxi pour que Véronique se rende dans le 12e arrondissement, où elle habitait. Ils s'étaient donnés leur numéro de téléphone. Alors qu'elle montait dans le taxi Jean-Paul se baissa et lui fît la bise tout en lui promettant de la rappeler. Il était plus de minuit quand il rentra chez lui.

« Eh bien, tous ces rendez-vous commencent à m'épuiser, vivement mon lit. » Il mit son pyjama et se coucha rapidement.

Au petit matin le dimanche, il ouvrit les yeux lentement, s'étira dans le lit comme un chat et se voyait déjà boire son café. Tout en le préparant, il songeait à sa soirée avec Anne-Sophie. Il l'espérait aussi agréable qu'avaient été les autres. Il se souvint d'un restaurant dans la rue Montorgueil, prit son portable et réserva deux places à la terrasse, puis il se connecta pour préciser à Anne-Sophie l'endroit du rendez-vous. Il lui envoya un mail : « Bonjour Anne-Sophie, notre rendez-vous est dans la rue Montorgueil dans le 2e arrondissement. C'est le Drôle d'Endroit Pour Une Rencontre. N'oublie pas, c'est à 20 heures. Bises. Jean-Paul »

A 19 heures il était prêt, il avait choisi de mettre un costume tout neuf gris pour l'occasion, puis il marcha jusqu'au restaurant. Bien qu'on était dimanche, il y avait de nombreuses personnes dans cette rue, ils étaient tous bien apprêtés et gais. Il s'assit à sa table en attendant son invitée. Il commanda le cocktail maison et les olives apéritives. Et à 20 heures précises une magnifique brune aux cheveux châtain longs avec des yeux marrons s'approcha de lui en lui disant :

– Je vous ai tout de suite reconnu.

– Ah bonjour Anne-Sophie, là moi aussi je vous reconnais, asseyez-vous je vous en prie. Vous êtes exactement comme sur la photo.

–Vous êtes chirurgien n'est-ce pas ? Moi je suis avocate, et j'ai deux enfants, Ava et Barnabé, et vous, vous avez des enfants ?

– Oui, j'ai un garçon et une fille, Roberta et Stanley qui vivent avec leur mère, ils sont jeunes, vous avez j'aime mes enfants et même ceux des autres, dit-il en riant.

–J'aime bien votre humour, ajouta-t-elle en souriant.

Elle était brune avec une coiffure moderne, des yeux noisette en amande, une jolie bouche légèrement maquillée. Ils commandèrent une salade composée et une bouteille de vin. L'air était frais et agréable, ils dégustèrent leurs plats tout en apprenant à se connaître. Elle parlait de sa vie d'avocate, elle savait déjà qu'il était chirurgien. « En plus d'être belle, elle est intelligente » remarqua-t-il. Après le dîner, il proposa de la raccompagner chez elle, rue Montmartre dans le neuvième arrondissement. il ne s'attendait pas à ce qu'elle accepte, mais elle acquiesça

Marchant bras dessus bras dessous ils apprécièrent cette promenade nocturne. Arrivé devant chez elle, Anne-Sophie lui proposa un verre, il se demanda un instant s'il devait accepter.

-D'accord, mais n'oublie pas que je dois rentrer aussi chez moi, lui dit-il en plaisantant.

Elle l'installa dans le salon, il s'assit tout en regardant autour de lui, il y avait des livres et des dossiers partout. Elle lui parla de la cuisine en lui demandant s'il voulait un verre de vin, il lui répondit que c'était parfait. Il lui demanda si ses enfants étaient là, elle répondit bien sûr et qu'ils dormaient dans leur chambre. Alors surtout ne les réveillons pas suggéra-t-il. Ils burent tranquillement leur verre dans une atmosphère tamisée. Il était temps de rentrer pour Jean-Paul, il remercia son hôtesse pour son invitation. Alors qu'il lui disait au revoir elle l'invita à revenir la voir le dimanche suivant. Il accepta et en fut ravi. Il se leva, elle le raccompagna jusqu'à la porte, il se retourna et l'embrassa doucement sur les deux joues.

Il constata que trois des quatre femmes rencontrées voulaient le voir chez elles, car elles désiraient rester le soir auprès de leurs enfants. Cela ne le dérangeait pas, bien au contraire, il craignait d'être vu avec l'une d'entre elles par une autre, dans un restaurant ou dans les rues de Paris. Il ne recevrait chez lui qu'Amanda car elle habitait encore avec ses parents, elle ne voulait pas les déranger et voulait aussi protéger son intimité.

Alors il planifia ses rendez-vous de la manière suivante : le jeudi chez Isabelle et ses filles Lolita et Emma, le vendredi chez lui avec Amanda, le samedi chez Véronique et son fils Billy et le dimanche chez Anne-Sophie et ses enfants Ava et Barnabé. C'est avec plaisir qu'il leur rendait visite, comme il était de nature généreuse il apportait avec lui des cadeaux pour elles et des jouets pour les enfants.

Peu à peu il leur devenait indispensable, car il représentait à leurs yeux l'homme idéal. Voire le parfait mari : il cuisinait, il leur parlait souvent mais surtout il les écoutait attentivement.

Les semaines et les mois passèrent, et après sept mois d'intenses relations Jean-Paul les invita chacune dans les restaurants de leurs rencontres, car il avait une grande nouvelle à leur annoncer. Il leur dit que la clinique des Champs-Élysées vendait un bloc opératoire avec en plus un cabinet médical incluant le secrétariat. Il était intéressé par l'achat, car il allait y travailler avec son ami Martin comme associé. A eux deux ils avaient 2 750 000 € mais il leur manquait 250 000 €, c'est pourquoi il cherchait des investisseurs. L'affaire serait rentable, ils gagneraient 10 % du chiffre d'affaires par an. Et il s'empressa d'ajouter qu'il voulait absolument qu'elles profitent de cette aubaine, tout simplement parce qu'ils les aimait. Elles furent toutes séduites par sa prestance physique et son charme, ainsi que par les perspectives de rentabilité et elles ne mirent pas longtemps à se laisser convaincre. Il est vrai que l'affaire était alléchante, de plus chacune pensait devenir encore plus proche de lui. Car elles feraient partie de son milieu de travail. C'est quelques jours plus tard qu'Isabelle décida de l'inviter chez elle. Alors qu'il était en train de déguster un cocktail, elle lui tendit une enveloppe contenant la somme demandée en lui disant qu'elle lui faisait entièrement confiance.

–Tu ne le regretteras pas, crois-moi, avec Martin on va travailler comme des malades, de plus tu sais bien que les femmes cherchent toujours la jeunesse. Notre avenir est assuré, tu verras nous allons être heureux.

Après ces paroles réconfortantes Jean-Paul l'embrassa tendrement et la remercia. Puis retourna chez lui car Amanda devait l'y rejoindre.

En arrivant devant son immeuble il vit qu'elle l'attendait déjà, elle était accolée à la porte en train de fumer une cigarette. Ils s'embrassèrent pour se dire bonjour et entrèrent dans l'appartement. Elle alla s'asseoir tranquillement dans le salon pendant qu'il lui préparait un thé dans la cuisine, et alors qu'il revenait la rejoindre avec les boissons, il fût surpris de voir qu'elle avait déposé un chèque sur la table. Elle lui dit ensuite que c'était les économies de ses parents. Il la rassura en précisant qu'elles étaient entre de bonnes mains. Et il ajouta qu'ils gagneraient bien, car c'était un investissement sans risque. Puis ils dînèrent et passèrent la nuit ensemble.

Le lendemain matin il attendait avec impatience les appels de Véronique et d'Anne-Sophie. Alors qu'il buvait son café tout seul, Amanda était partie de bonne heure, le téléphone sonna. C'était Véronique qui lui demandait de venir dès qu'il le pourrait car elle avait trouvé l'argent dans ses économies. Alors qu'il lui parlait il reçut un signal d'appel. C'était Anne-Sophie qui lui proposait de venir la voir aussi.

Cette soirée s'annonçait mouvementée, il se rendit tout d'abord chez Véronique, dîna avec elle puis reçut son argent. Il la remercia en l'embrassant, sans oublier de lui dire : « Ne t'inquiète surtout pas ma chérie, tout ira bien, on va gagner beaucoup d'argent. » Puis il s'excusa de devoir partir, il lui dit au revoir avec un baiser langoureux.

Il s'empressa de rejoindre Anne-Sophie. Cette dernière lui fit un accueil amoureux, en effet c'était celle des quatre prétendantes qui l'adulait le plus. Elle était joyeuse de lui remettre l'argent. Il la remercia en la prenant dans ses bras et lui murmura :

–Tu vas devenir riche, ma chérie adorée. Je dois partir maintenant, j'ai tous les papiers à préparer .

Il l 'embrassa tendrement en lui caressant les cheveux et repartit chez lui. Dès qu'il arriva dans l'appartement il s'empressa de mettre tout l'argent dans une seule enveloppe, puis il mit le chèque Amanda dans sa poche. Il remit toutes ses affaires dans une valise, nettoya l'appartement, prit soin de tout éteindre puis s'en alla. Il s'arrêta devant la loge du gardien, il lui remit les clés du logement en disant : « Encore merci et au revoir. »

Il se rendit tout d'abord à sa banque, il déposa l'argent sur son compte puis il partit à l'hôtel du Louvre où il choisit une belle chambre. Il s'allongea sur son lit et se mit à songer à l'amour que lui avaient apporté ces dames et il se rendit compte qu'il les avait toutes aimées. Maintenant il allait les quitter avec regret. Il les appela pour leur dire qu'il ne pourrait les joindre que la semaine d'après, car il était invité chez des amis à New York, il termina ses conversations avec : « Je t'aime et je t'embrasse. »

Le lendemain matin il prit son petit déjeuner, appela un taxi pour se rendre à la Gare du Nord pour aller à Bruxelles. Alors qu'il était assis dans son compartiment, il reçut un appel de Martin qui semblait en colère.

–Mais que s'est-il passé, Jean-Paul ?

–Bonjour, je ne comprends rien, tu peux m'expliquer ce qui t'arrive s'il te plaît ?

–Voilà, je viens d'arriver à mon appartement et tous mes meubles ont disparu, même ceux de la cuisine.

–Je ne comprends pas tout était à sa place quand je suis parti.

–Eh bien, des déménageurs ont tout pris hier, m'ont dit les voisins.

– Ah ! Désolé Martin, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

– Non Jean-Paul ça va aller, j'ai une bonne assurance, c'est juste que j'aimais bien mes meubles de plus ma femme est avec moi et elle est restée interloquée.

–Vraiment Martin, encore toutes mes excuses.

–Et surtout la prochaine fois que tu viens chez moi, n'invite plus n'importe qui.

–J'ai bien compris et n'oublie pas que tu es le bienvenu, avec ta femme bien sûr, chez moi à Bruxelles.

Enfin ils se dirent au revoir.

C'est à ce moment que Jean-Paul se mit à réfléchir sur ce qui avait bien pu se passer. Alors il se dit que seule Amanda était venue là, elle avait trouvé une occasion pour faire le double des clés pendant qu'il dormait, les avait remis ensuite dans sa poche. De plus, elle savait que le gardien n'était pas là le week-end. « C'est donc elle qui a appelé déménageurs car elle savait que je partais. »

–C'est bien dommage tout ça, c'était ma préférée !

Quelques jours plus tard, Amanda était chez elle, dans un bel appartement et comptait l'argent que lui avait apporté la vente des meubles.

–Eh bien, ça valait le coup, je l'ai bien plumé, Il était bien beau Jean-Paul, mais le travail reste le travail, il n'y a pas de place pour les sentiments. J'espère qu'il ne sera pas trop déçu de voir que mon chèque était en bois.

Et elle s'installait pour consulter les invitations des agences de rencontres en ligne. Elle étudiait soigneusement chaque profil, pour trouver son prochain pigeon.


© Camille Page. 2015
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