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Un amour de flic

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La rencontre improbable entre Marc Lemoine, verbalisé pour excès de vitesse, et une belle fonctionnaire de police.

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Lorsqu'il fut convoqué au commissariat de son quartier pour un excès de vitesse, Marc Lemoine ne s'attendait pas à vivre une histoire d'amour.
C’était en décembre, le mois des grands mouvements revendicatifs de la police, bientôt suivis par ceux de la gendarmerie, relayés ensuite par ceux de l'armée, puis par vagues successives par toute une mer sans cesse recommencée de manifestations de pompiers,de douaniers, de gardiens de prison et, pour finir, de tous les gardes et surveillants de quelque chose émargeant au budget de l'Etat: parkings municipaux, phares, squares,piscines, toilettes publiques, etc.Place de la République, les policiers défilaient avec des pancartes. Certains s'étaient déguisés en bagnards mais en général, ils n’aimaient pas être filmés et beaucoup se cachaient le visage en remontant le col de leur parka ou en baissant la visière de leur casquette. A la différence de ce qui se passe pour les grèves des transports publics ou de l’Education Nationale, ces mouvements inhabituels des forces de l’ordre trouvaient un écho plutôt favorable dans le public qui considérait justifiées les revendications des manifestants : salaire, effectif, durée du travail, considération... Une solidarité nouvelle s'exprimait pour des gens qui jusqu’alors étaient plutôt considérés avec un mélange de vague mépris et de sourde crainte. On se rendait compte qu’un coeur battait sousl’uniforme et que parmi ceux qu’on voyait défiler en civil il y en avait toujours un qui avait la tête d'un cousin rencontré à une communion, d'un gendre ou d'un beau-frère et que les femmes ressemblaient à la voisine du pavillon d’à-côté.

Ce matin-là, Marc Lemoine était occupé à se morfondre à son bureau lorsque le téléphone sonna. Peut-être enfin une proposition de travail. Voilà deux mois qu'il n'avait pas fait entrer un kopeck dans la caisse de ce qu'il appelait son cabinet de conseil en communication -terme qui signifiait qu'il était prêt à saisir toute proposition de service qui se présenterait dans un vague et large champ d'activités allant de la publicité à l'informatique.
Une agréable voix de jeune femme s’exprimant clairement et articulant avec soin chaque mot lui expliqua les raisons de son appel : il devait se présenter au commissariat pour signer un procès-verbal sanctionnant un excès de vitesse sur l’autoroute. Malgré les efforts que faisait son interlocutrice, l’affaire était un peu embrouillée et il dut fouiller dans ses souvenirs pour se rappeler qu'il avait déjà payé une amende pour un excès de vitesse qui remontait au premier trimestre.
Il entendit la jeune femme farfouiller dans ses papiers. Après quoi elle lui confirma que le paiement avait bien été fait mais qu'il devait signer le procès-verbal pour que le dossier soit clos.Lorsqu'elle lui annonça qu’elle avait besoin d'une photocopie de son permis de conduire, la méfiance de Marc Lemoine se réveilla. Il se demanda si on n'utilisait pas un prétexte bénin pour l'attirer au commissariat et l’impliquer ensuite dans une embrouille plus grave: délit de fuite, conduite dangereuse, trafic quelconque, que sais-je? Elle l’assura qu’il ne s'agissait de rien d’autre que d’une formalité à remplir, qu’il n’y avait aucune mention de retrait de permis ou de quoi que ce soit d’autre, qu’elle ne savait pas elle-même pourquoi ce dossier n’avait pas été bouclé avant, et qu’il était impératif qu'il vienne signer ces papiers.La date du rendez-vous fut fixée au surlendemain, 10 heures 30.

Il devait se présenter avec ses papiers et demander à voir Mademoiselle Tarski -un nom de feuilleton qui sonnait comme Starsky et Hutsch.